Une catastrophe politique

Cette fois, il nous faut faire face à une vraie catastrophe politique, provoquée non seulement par les graves conséquences de l’action publique mais également par la prochaine étape que va devoir affronter le Partido Popular. Ce qui est curieux, c’est que la catastrophe politique n’est pas la conséquence de la catastrophe écologique. La négligence politique a, au contraire, aggravé le désastre écologique, économique et social, un désastre qui aujourd’hui ravage les côtes et l’économie de la Galice. Ce désastre politique entraîne aujourd’hui le gouvernement galicien dans un tourbillon pratiquement sans issue. Des démissions et des élections anticipées sont réclamées chaque fois plus firmement et unanimement. Il faut maintenant y ajouter la création d’un comité de recherche auprès du Parlement, les causes judiciaires possibles pour la recherche et le rétablissement des responsabilités des décisions politiques, deux motions de censure annoncées par l’opposition, un arrêt du travail de quatre heures, une possible grève générale et une tension et un conflit social chaque fois plus grands émanant de l’impuissance de la population et de sa réponse civile.
Le plus curieux, c’est qu’au cours de cette tragédie, de nombreux moyens de communication, les moyens publics en particulier, sont manifestement soumis à la censure informative de la Xunta (le gouvernement galicien) et du gouvernement central ainsi qu’à la manipulation politique. Résultat: on nous impose une information partisane fausse et insuffisante. Mais cette fois, le peuple en est conscient et les moyens de communication étrangers le font savoir à travers toute l’Europe. D’autres journaux, heureusement, tels que La Voz de Galicia, font de magnifiques efforts pour diffuser la réalité des événements.
Cette manipulation, qui atteint son plus haut point dans le cas des médias publics galiciens, a lieu devant l’impuissance et la colère d’une importante partie de leurs professionnels qui sont tenus de travailler sous l’emprise du pouvoir public, ce qui a enfin été dénoncé par l’Association des Journalistes. Cette manipulation ne date en aucun cas d’aujourd’hui, mais elle est maintenant perçue par toute la population dont la confiance est difficile à regagner. De plus, la perversion du pouvoir politique est si grande que ce dernier n’est même pas capable d’en mesurer les conséquences.
Ainsi, pendant que Manuel Fraga (président du gouvernement galicien) demande pardon après avoir menti afin d’éviter une catastrophe électorale, nous, Galiciens et Galiciennes, réclamons qu’ait lieu à bref délai un changement de gouvernement incontournable et vigoureux.

La Voz de Galicia, 2002
Traducion: Alicia López Pedreira